Nous avons rencontré Claire Vaudey à la galerie Dilecta à l’occasion de son premier Solo Show.

« Il y a l’idée du jardin qui est toujours sous-jacente dans mon travail. Et ce n’est jamais un jardin qui est entièrement représenté. D’ailleurs, souvent, il est à l’arrière-plan. Et c’est quelque chose dont je me suis rendu compte : qu’il était constant, en filigrane, dans mon travail.
Et ce jardin-là, au départ, il part des Annonciations dans la Renaissance, parce qu’il y a toujours un espace au fond avec ce jardin clos qui représente à la fois le jardin d’Éden, à la fois la virginité de Marie, enfin, qui est très symbolique, mais qui est très petit dans l’espace du tableau. Et c’est un espace auquel j’ai donné vraiment toute sa force.

Donc c’est à la fois un espace un peu rêvé, un dernier espace de vie, donc un peu une tombe aussi. Et c’est ça qui m’intéresse : c’est l’ambivalence qu’il peut y avoir justement entre ces lieux-là, qui ont une portée symbolique très forte aussi.
Le Jardin des pierres, parce que c’est très lié à ça, c’est aussi parce que Derek Jarman mettait des objets dans son jardin. Et c’est peut-être aussi pour créer une narration, mais une narration qui ne soit pas complètement visible comme quelque chose d’humain. C’est-à-dire, s’il y avait un vrai objet, une chaise ou quelque chose comme ça, une interprétation… Tandis que là, il y a quelque chose d’un peu plus… une étrangeté. On projette autre chose. Chacun peut projeter ce qu’il veut dans l’image. »

Interview par Loïse Lyonnet pour Culture Au Coeur
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